Les cancers primitifs du foie

Les hépatomes

Sous nos latitudes, dans 90 % des cas, les carcinomes hépatocellulaires se développent sur un foie cirrhotique. Dans ce cas, l'incidence annuelle des cancers du foie, quelle que soit la cause de la cirrhose, est de l'ordre de 3 à 5 %.  

  • Dans la cirrhose due au virus de l'hépatite B, le cancer survient dans environ 30 % des cas et se développe 20 à 40 ans après la contamination.
  • Dans la cirrhose due au virus de l'hépatite C, le cancer survient environ dans environ 30 % des cas et se développe généralement 5 à 10 ans après la constitution de la cirrhose.
  • Dans la cirrhose alcoolique, la maladie survient chez 15 à 20 % des patients, le diagnostic est fait en moyenne 5 à 6 ans après celui de cirrhose. Il touche essentiellement les hommes.
  • Dans le cas d'hémochromatose génétique, le carcinome hépatocellulaire se rencontre uniquement chez les patients qui ont développé une cirrhose et donc chez ceux où le diagnostic a été trop tardif. 

 

Habituellement

Rarement

  • Le virus de l'hépatite B ou D
  • Le virus de l'hépatite C
  • La cirrhose alcoolique
  • L'hémochromatose compliquée
  • Une cirrhose auto-immune
  • La cirrhose de la maladie de Wilson
  • Une cirrhose biliaire primitive
  • Un déficit en alpha-1-antitrypsine

LE CANCER PRIMITIF SUR FOIE NON CIRRHOTIQUE

SES CARACTÉRISTIQUES

En France, il ne représente moins de 20 % des cas. C'est, le plus souvent, une variété particulière, dite fibro-lamellaire qui frappe plutôt les sujets jeunes.
Il peut être favorisé par des carcinogènes chimiques (aflatoxine en Afrique).
Il s'agit d'une tumeur caractérisée par la prolifération d'hépatocytes accompagnée d'un important tissu fibreux. Le foie, en dehors de la tumeur, n'est pas cirrhotique.
Ce cancer affecte plus souvent l'homme que la femme.

LES FACTEURS DE RISQUE

Certains toxiques sont parfois impliqués comme l'aflatoxine B, les androgènes, le chloride de vinyle… D’autres sont intriquées aux facteurs de risque de cirrhose :

  • L’infection par les virus de l’hépatite B et C
  • L’obésité et le diabète, éventuellement associés à une stéato-hépatite non alcoolique (NASH)
  • La surcharge en fer, notamment l’hémochromatose

SON PRONOSTIC

Son pronostic est meilleur que celui des autres cancers du foie. Son évolution est plus lente mais elle peut se compliquer de métastases en particulier pulmonaires.
Le traitement fait appel à des méthodes similaires de celles proposées pour les autres cancers du foie.

Les autres cancers primitifs du foie

Les formes mixtes de carcinome hépatocellulaire et de cholangiocarcinome

Dans environ 5 % des carcinomes hépatiques, il est possible de retrouver au sein de la même tumeur les caractéristiques du carcinome hépatocellulaire et du cholangiocarcinome. Les caractéristiques cliniques, l'histoire naturelle ne diffèrent pas du carcinome hépatocellulaire.

Le carcinome cholangiocellulaire intrahépatique

Cette tumeur maligne se développe à partir des voies biliaires intrahépatiques.  Cela signifie que la maladie à comme point de départ les voies biliaires situées à l’intérieur du foie.
Cette forme est rare, puisqu'elle ne représente que 10 % des cancers primitifs du foie et 10 % des cancers des voies biliaires.
La tumeur complique quelquefois une cholangite sclérosante.
L'homme et la femme sont également atteints.
L'alphafoetoprotéine  (AFP) est généralement normale.
Le diagnostic pose des problèmes avec celui de cancer secondaire du foie.

@ Pour plus de détails, allez à la section Cancers des voies biliaires

L'hépatoblastome

C’est une tumeur rare mais représente la tumeur maligne primitive du foie la plus courante chez l'enfant. Il représente environ 1% de toutes les tumeurs pédiatriques avec une incidence annuelle de 1,5 cas pour un million d'enfants âgés de moins de 15 ans. Elle représente un tiers des tumeurs malignes du foie de l’enfant.
Cette tumeur touche l'enfant de moins de 3 ans.
L'hépatoblastome peut survenir dans le cadre du syndrome Beckwith-Wiedermann et de la polypose adénomateuse familiale.

@ Pour plus de détails, allez à la section Cancers de l'enfant

L'angiosarcome du foie

Cette maladie est parfois appelée hémangiosarcome.
Parfois, l'angiosarcome complique une exposition au chlorure de vinyle, au Thorotrast™ ou à l’arsenic. Plus rarement, on retrouve la prise prolongée d’anabolisants.
C'est une tumeur qui se développe à partir de la cellule de la paroi des vaisseaux sanguins du foie : les sinusoïdes. C’est la cellule endothéliale. La tumeur est souvent multiple et peut s'accompagner de localisations en dehors du foie.
La maladie touche aussi bien l'homme que la femme.
L'âge moyen est de moins de 50 ans. Des calcifications sont parfois présentes à l'imagerie médicale.
Il s'agit d'une forme d'évolution généralement très rapide.

Mise à jour

13 février 2015