En chimiothérapie & immunothérapie

Radiothérapie interne vectorisée par 177Lu-PSMA-617

PSMA

L’antigène membranaire prostatique spécifique (PSMA) est une protéine membranaire prostatique. Il est  présent à des niveaux élevés à la surface des cellules cancéreuses de la prostate. Il est surexprimée par le tissu prostatique tumoral, particulièrement dans les cancers de haut grade, dans les formes métastatiques et dans les formes hormono-résistantes. C' est un biomarqueur potentiel de la maladie

LE LUTE TIUM Lu177 VIPIVOTIDE TETRAXETAN


Cette radiothérapie interne vectorisée par ligands du PSMA marqué avec du lutétium-177 (177Lu ) a été évaluée chez les patients aux stades évolués de la maladie.
Cette nouvelle options pourrait être une thérapeutique intéressante en 3ème ligne de traitement après anti-androgènes de seconde génération et chimiothérapie par taxane.
Ce radiothérapie ciblée vient d'être homologuée outre atlantique.

La chimiothérapie conventionnelle

DE NOUVELLES ÉTUDES SUR LE DOCETAXEL (TAXOTERE™)

La question de la durée du traitement...

Certaines études récentes (essai MAINSAIL) tendent à montrer que 10 cycles de chimiothérapie se traduirait par un allongement de la survie en comparaison des 6 cycles du traitement standard actuel dans le traitement du cancer de la prostate résistant à la castration métastatique .


De nouvelles modalités et associations


Des études sont en cours pour évaluer l’intérêt d’un traitement hebdomadaire par rapport à un cycle classique de trois semaines.
D’autres études testent les associations
avec l’Avastin™.

En traitement adjuvant ou néo-adjuvant

Le Taxotère™ est aussi étudié en traitement adjuvant dans le traitement initial de cancers de la prostate à haut risque. Les études n'ont pas confirmé l'intérêt de cette stratégie de traitement.

En traitement néo-adjuvant, avant une prostatectomie, cette stratégie améliore la  survie chez les patients a risque intermédiaire ou haut

LES AUTRES MOLÉCULES EN COURS DE DÉVELOPPEMENT

Il existe plusieurs programmes de recherche visant à mettre au point des molécules actives en seconde ligne après un échec du docétaxel.

La gemcitabine (Gemzar™)

C’est un antimétabolite de seconde génération, actif par voie injectable (perfusion d’environ 30 minutes), qui est un analogue fluoré et phosphorylé de la déoxycytidine. C’est la difluoro-déoxy-cytidine ou dFdC, très proche de la cytosine arabinoside Ara-C.
Ce médicament, phase spécifique qui agit en phase S de synthèse de l’ADN, au cours du cycle cellulaire. Il bloque, aussi, le passage en phase G1.

C’est un médicament relativement bien toléré, en dehors d’un état de fatigue et d’une diminution des plaquettes (thrombopénie).
Il n’entraîne pas de chute de cheveux et n’induit que peu de nausées ou de vomissements. En dehors des toxicités de cette classe médicament,
Il peut être observé, plus rarement, des perturbations hépatiques et des états pseudo-grippaux, lors des injections.
Il faut savoir, que ce médicament ne peut pas être utilisé en même temps que la radiothérapie.

L’ixabepilone (Ixempra™)

Cette molécule appartient à la famille des épothilones, molécules proches, en ce qui concerne leur mode d’action, des taxanes.

Les premiers résultats des études révèlent que ce médicament pourrait être actif, en seconde ligne, chez les patients ne répondant plus au Taxotère™ mais les gains actuels sont modestes.

La biochimiothérapie

LES TRAITEMENTS CONTRE L'ANGIOGENÈSE

Pourquoi ?

L’extension des cancers implique la création de vaisseaux pour nourrir la tumeur. Ce phénomène, par ailleurs normal (cicatrisation), est appelé angiogenèse. Des molécules appartenant à différentes classes permettent de bloquer ce processus expérimentalement.

L’axitinib

Très récemment les résultats d’une étude de phase 2, comparant la gemcitabine seule à une association gemcitabine plus axitinib à montré l’intérêt de cette approche. Des études de phase 3 sont en cours pour confirmer ces premiers résultats.

Le cabozantinib

C'est une nouvelle molécule est un inhibiteur de tyrosine kinase qui bloquerait la voie de VEGFR2 et du MET.
Les résultats de la phase 2 de développement pour le traitement des cancers de la prostate avancés et réfractaires au traitement hormonal sont très positifs.
Le cabozantinib est actuellement en cours d’essai de phase 3 placébo dans les formes métastatiques osseuses post-docétaxel et post-AA ou post-enzalutamide,
 
LES TRAITEMENTS INDUCTEURS D’APOPTOSE

Les thérapies destinées à stimuler l’apoptose ou la mort programmée des cellules sont à l’étude. On peut citer les cibles moléculaires suivantes :

  • Le BCL2 reconnu par une molécule antisense, l’oblimersen,
  • La survivine ciblée par une petite molécule, l’YM-155 ou en IV par l'OGX-011
  • Les inégrines associées avec l’ancrage des cellules dans leur tissu d’origine, ciblées par un antagoniste non-peptidique, le PSK1404
  • Le src, ciblé par au moins quatre molécules, dont le dasatinib.

LES INHIBITEURS DE LA PARP

Ce que l'on sait...

Une étude récente a montré que l'utilisation en 3ème ligne de traitement de cancers hormono-résistants présentant une mutation des gènes BRAC1 et/ou BRCA2  par'un inhibiteur de la PARP, olaparib, améliorait le temps sans progression de la maladie et la survie globale.

Le Lynparza™ (olaparib)

C'est un inhibiteur de la PARP.
C'est un traitement de troisième ligne actuellement.
Ce médicament vient d'être homologué en monothérapie pour le traitement du cancer de la prostate métastatique résistant à la castration, avec mutation des gènes BRCA1/2 (germinale et/ou somatique) et qui ont progressé après un traitement antérieur incluant une hormonothérapie de nouvelle génération (enzalutamide ou acétate d’abiratérone). 

L'immunothérapie

LE RATIONNEL...

Cette approche thérapeutique à pour objectif de réactiver les défenses naturelles de l’organisme. De nombreux vaccins thérapeutiques utilisant le PSA sont en cours. Ils pourraient améliorer le pronostic de certains cancers de la prostate.

LE VACCIN PROVENGETM

De quoi s'agit-il...

Le sipuleucel-T est un vaccin thérapeutique.
C'est un produit cellulaire composé de cellules autologues présentatrices d’antigènes (APC) chargées avec une protéine de fusion, PA2024, entre une enzyme, la phosphatase acide prostatique, et le facteur de croissance médullaire GM-CSF (Granulocyte-macrophage colony-stimulating factor) .

Les résultats du traitement

L'étude  Immunotherapy for Prostate AdenoCarcinoma Treatment (IMPACT) portant sur 512 hommes a montré un allongement du temps sans progression de la maladie et de la survie à 3 ans : 25,8 mois pour le groupe traité contre 21,7 mois pour les patients sous traitement standard.

En pratique...

Le traitement a été homologué au États Unis pour les traitement des formes avancées de la maladie. Il consiste en trois cycles de traitement sous forme perfusions toutes les deux semaines et est bien toléré.
Cependant, son utilisation reste aujourd’hui marginale car il nécessite une logistique lourde.

LES INHIBITEURS DE CHECKPOINTS immunitaires

Des études ont montré que l’expression PD-L1 dans le cancer de la prostate était corrélée avec l’agressivité tumorale suggérant le rôle de la voie PD-1/PD-L1 dans l’échappement tumoral.

L'ipilimumab est un inhibiteur du CTLA4 (cytotoxic T-lymphocyte antigen-4) est déjà homologué pour le traitement des mélanomes avancés.
Les premiers résultats sont encourageants mais méritent d'être confirmés par les études réalisées chez des patients se présentant à un stade moins tardif de la maladie.

Mise à jour

12 mai 2022