Les facteurs environnementaux

Alimentation et facteurs diététiques

Le syndrome métabolique, en particulier ses deux composants que sont l'hypertension artérielle (HTA) et le périmètre abdominal sont associés à un risque plus élevé.Le style de vie influence le risque de développer un cancer de la prostate.
L'obésité est associée à un risque plus faible de cancer à faible risque, mais à un risque plus élevé de cancer à haut risque.
Une alimentation riche en graisses animales et/ou en viandes rouges ne serait plus, après les dernières études un facteur déterminant de risque de cancer de la prostate. A l'inverse, un régime riche en fruits et en légumes ainsi que la consommation régulière de graines de soja, de graines de courge pourrait diminuer le risque de développer la maladie.
Un taux bas de vitamine D serait associé avec un risque plus élevé.
Certaines études ont même montré qu’une consommation régulière de tomates augmente le taux de lycopène sanguin et diminue le taux du PSA.

Les agriculteurs

Il existe une augmentation faible du risque de développer la maladie chez les agriculteurs de l’ordre de 13 % (intervalle de confiance 4 à 22%), sans qu’un pesticide précis, en dehors des résidus de dioxine et de la chlordécone aux Antilles, n’ait pu être incriminé. 

Cette augmentation a été rapportée par l’étude AHS menée depuis 1993 et qui a porté sur 89 658 agriculteurs. Il faut souligner que par ailleurs, les agriculteurs ont un risque moindre de 12 % (intervalle de confiance 9 à 16%) de développer un cancer d’une autre localisation que la population générale.

La chlordécone

C'est un insecticide organochloré, classée comme polluant organique persistant en 2009. Elle a été massivement utilisée pour lutter contre le charançon du bananier dans les Antilles Françaises de 1972 à 1993.
Elle est responsable d'une pollution à long terme de l'environnement et d'une partie de la chaîne alimentaire.
En raison de sa forte hydrophobicité la chlordécone se fixe facilement dans les sols et les sédiments riches en matière organique. De fait, sa structure particulière la rend très stable et difficile à dégrader.

Dans ce contexte, l’exposition à la chlordécone vient d'être reconnue comme maladie professionnelle. Le décret précisant les critères du tableau de maladie professionnelle est paru :

  • Avoir travaillé pendant au moins 10 ans au contact du chlordécone
  • Justifier que moins de 40 ans se soient écoulés entre leur dernière exposition et le diagnostic de cancer de la prostate.

Tableau 102 des maladies professionnelles

 

Cancer de la prostate

Délai de prise en charge

Travaux susceptibles de provoquer cette maladie

40 ans (sous réserve d’une durée d’exposition de 10 ans)

Travaux exposant habituellement aux pesticides :

  • lors de la manipulation ou l’emploi de ces produits, par contact ou par inhalation ;
  • par contact avec les cultures, les surfaces, les animaux traités ou lors de l’entretien des machines destinées à l’application des pesticides ;
  • lors de leur fabrication, de leur production, de leur stockage et de leur conditionnement ;
  • lors de la réparation et du nettoyage des équipements de production, de conditionnement et d’application de pesticides ;
  • lors des opérations de dépollution, de collecte et de gestion des déchets de pesticides.

 

Des facteurs plus incertains …

UN VIRUS

Un gamma-retrovirus, comme le XMRV ( enotropic murine leukemia virus-related virus) pourrait être impliqué dans le développement de la maladie. Ce virus est retrouvé dans environ 30 % des patients présentant un cancer de la prostate .

L’INFLAMMATION DE LA PROSTATE

L’inflammation de la prostate ou prostatite touche environ 10 % des hommes âgés entre 40 et 80 ans. La moitié d’entre eux feront un épisode de prostatite aiguë.
Comme pour beaucoup de cancers, une inflammation chronique est souvent retrouvée avant que la maladie ne se déclare.


LES MALADIES SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (MST)

Il existe, une augmentation du risque de cancer de la prostate en cas de MST. L’augmentation du risque est indépendante du pathogène. Une infection à gonococcique augmenterait de 20 % le risque de développer la maladie.
Un virus sexuellement transmissible, non encore identifié, pourrait, aussi, jouer un rôle dans le développement de la maladie.


LA VASECTOMIE

Certaines études ont suggéré qu'une vasectomie puisse augmenter le risque de cancer de la prostate. Ce facteur de risque a été éliminé par les études récentes.

Les colites inflammatoires

Des études récentes ont montré une élévation du risque de développer la maladie en cas de maladies inflammatoires du côlon comme la rectocolite hémorragique ou la maladie de Crohn.

ENFIN, PÈLE-MÊLE…

Les chercheurs ont étudié l'influence de l'hyperplasie bénigne de la prostate, de la circoncision, de l'obésité, du manque d'exercice, de l'usage de tabac, de l'exposition à des radiations.
Les résultats de ces observations mettent en évidence qu'il y a un risque légèrement accru de cancer de la prostate si le patient est exposé à un ou plusieurs de ces facteurs
.

J'ai eu des problèmes de prostate....

 

Pas de risque augmenté, si j’ai eu     Risque augmenté, si j’ai eu
  • Des infections urinaires
  • Un adénome prostatique
  • Des infections sexuellement transmissibles (IST)
  • Une prostatite (infection/inflammation de la prostate)
  • Une biopsie
  • Des rayons (radiothérapie)

 

Mise à jour

2 septembre 2022